Comme on part de Bolivie en Juillet, je me suis personnellement mis un défi : faire un trek (Julien fait ses sommets et moi je devais bien trouver quelque chose) alors j'ai amené tout la famille faire le chemin des Incas du Takesi, caminata de 3 jours, 2 nuits. Démarrage à 4000 à Choquekota et montée jusqu'à 4700 m avec le col d'Apacheta (en rentrant je peux presque faire le Mont Blanc) ensuite descente dans la vallée du rio Takesi pour arriver à une altitude de 2300m.

Comme j'aime bien partager j'ai aussi entraîné avec moi Clémentine, Laurent et leur petit Edgar, Antoine et Hypolyte et la famille Maurin.

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 Le chemin en lui-même fait plus de 40 kms mais avec le mini bus qui est venu nous chercher devant le lycée on est allé un peu plus loin ce qui nous a fait économiser 8 kms. Près de la moitié des kilomètres du parcours suit un pavage préinca soigneusement construit ce qui rend le chemin glissant et ressemblant quelque fois à une avenue au milieu de rien. Il y a un siècle Alcide D'Orbigny (que tout le monde connaît..... en fait c'est le nom du lycée) l'a parcouru lorsqu'il est venu explorer la Bolivie (quelle coïncidence, n'est-ce pas??).
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Histoire d'avoir un protecteur durant notre marche, on peut apercevoir à plusieurs reprises le glacier Mururata. On découvre un fort contraste de végétation, au départ rien tout est aride, des herbes rases, pas d'arbres, beaucoup de cailloux et après le col au fur et à mesure qu'on descend on se fait envahir par une végétation fournie et des fleurs en veux tu en voilà. La machette serait même la bienvenue, mais le chemin est bien entretenu.

Nous on a fait le trek en 2 nuits et 3 jours (on était quand même 7 adultes et 8 enfants dont un de moins de 3 ans....).

1er jour: montée du col d'Apacheta (2 heures d'une montée assez costaud) par la voie pré-colombienne (de larges pavés bien ordonnés et super bien conservés, quand on pense que tout ça fut construit par l'homme) et des chemins en lacets interminables.

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Pique-pique au bord d'un lac qui est legèrement en contre-bas du col. On ne dirait pas sur la photo mais le soleil s'est levé et on a pu manger au chaud ou presque car la brise est fraîche. 

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On a ensuite empruntés de nouveau les pavés et descendus 2 heures durant.

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Pour arriver et traverser le pueblo "takesi" en fait un village qui se meurt et qui comporte 3 maisons dans un brouillard inquiétant et froid.

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Dernière descente du jour de 40 min et premier bivouac au bord d'un cours d'eau. Installation des tentes, petite fogata et coucher très tôt car la nuit qui tombe plus la fatigue ont fait leur travail, on est fatigués.

 

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2ème jour: Au programme: 4 heures de marche pour arriver à Kacapi, une aire communale où l'on va installer le deuxième bivouac.

Lever sous un soleil magnifique et vue imprenable sur la vallée et le lit de sa rivière.

 

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Montées, descentes, beaucoup de descentes telle était la topographie du jour. Des descentes assez désagréables pour les chevilles et les pieds dans la mesure où il y a beaucoup de cailloux et que l'environnement est assez humide, du coup ça glisse. En plus on descend vers les yungas et il commence à faire chaud et on commence à voir des objets volants non identifés qui piquent (j'adooore le Yungas....). Par contre un paysage magnifique, des plantes partout, des arbres.

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  Arrivée à Kacapi où l'on peut camper et où normalement vit en permanence un monsieur qui fait à manger et vend des boissons, mais manque de bol personne, site abandonnée à la nature. On a quand même installé les tentes, fait un feu et cette fois il y avait l'eau courante et un abri avec tables et chaises pour manger.

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Sous l'oeil protecteur du Mururata.

 

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3ème jour: Dernière journée, la moins chargée, car à peine 3 heures de marche pour arriver à la Chojilla, village minier et fin du voyage. Endroit où on doit retrouver notre mini bus de l'aller, notre ami Richard......

Un spectacle magnifique en se levant, une vue dégagée sur les montagnes. C'est tout simplement beau!!!!

 

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Une dernière montée assez éreintante sous la chaleur mais tellement agréable d'arriver en haut et de se dire qu'on a réussi. J'ai été assez contente de moi, car je n'ai pas râlé, je n'ai jamais été trop fatiguée, je me sentais bien. Traversée de la rivière Takesi.

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Arrêt pique-nique au bord de l'eau et baignade pour les plus courageux (vous aurez bien compris que je n'en fais pas partie..).

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Dernière ligne droite assez plane pour arriver à un barrage et fin de la caminata avec 3 heures d'avance sur le mini bus SAUF que cela aurait été trop banal de finir ainsi et pas assez bolivien.....

Je reprends donc mon histoire: on arrive à l'endroit où le mini doit nous prendre, on l'appelle... répondeur.... Pour se rassurer on se dit qu'il est en route et qu'il est dans un endroit qui ne capte pas. Les garçons se décident à monter à la Chojilla (qui est juste au-dessus) pour aller acheter de quoi grignoter un peu (car au pique-nique on a tout terminé histoire de faire le sac à dos plus léger) et des rafraîchissements histoire de fêter notre arrivée.

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Nous on reste en bas et on essaie de rappeler Richard. Par harsard, on arrive à l'avoir sauf que c'est pas lui, c'est un autre gars qui explique à Mafer qu'il est à Coroico et qu'il ne connaît pas bien la route, qu'il a du prendre un autre chemin à cause d'un éboulement que la route est fermée et qu'il arrivera dans 5 heures et qu'il faudra 8 heures pour rentrer.... Là vent de panique, on appelle les gars en haut. Bilan, on décommande Richard et on va prendre un mini depuis la Chojilla.... sauf que le mini part le lendemain à 4h30 du mat........ une histoire de route fermée et d'heure d'ouverture de la route à cause de travaux..... Ce qui veut dire qu'il faut qu'on monte au village et qu'on dorme dans le village sur ..... le terrain de Footsal. Recherche d'une pension pour manger le soir, installation du campement sur un tarrain de béton, en plus on se trouve en plein dans un défilé du 1er mai avec pétard, chant, danse de toute l'école sur le terrain d'à côté. On voulait du typique on a eu de typique. lever à 4h , on remballe le campement comme des robots et on monte dans le mini bus. 

 

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Et effectivement, un route pire que celle de la route de la mort, des éboulements, de la terre, on a été heureux de retrouver la route normale.....

Ce fut une chouette expérience, j'ai énormément apprécié en plus on n'a pas eu de pluie mais un grand soleil.